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| Écrit par Administrator | |
| 16-11-2007 | |
Le nouvel horizon de l'école se perd dans de sombres nuées
Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier DARCOS, l'avait annoncé dès cet été : il promettait une école plus réactive et recentrée sur les fondamentaux (Le Figaro du 25 août 2007). Début septembre, sur LCI, il déclarait : « Il faut à nouveau un grand projet pour l'école primaire. Je l'annoncerai d'ici la fin du mois d'octobre », tandis que dans sa conférence de presse de rentrée, il avait affirmé : « Je crois aussi que l'école primaire a besoin d'une nouvelle organisation pour relever les nouveaux défis qui lui sont proposés. » Dès octobre, les déclarations se succédaient qui nous laissaient filtrer quelques pistes sur les intentions du ministre dont on attendait l'exposé début novembre. C'est fait depuis ce mercredi 14 novembre 2007 avec la publication d'un « document d'orientation » qui présente les « Propositions du Ministre de l'éducation nationale, soumises à discussions, pour définir un nouvel horizon pour l'école primaire ». ![]()
L'enfer est pavé de bonnes intentions, dit le proverbe. On ne doute pas que le ministre ait par-devers lui des intentions louables. Il est connu et réputé pour être un honnête homme au sens humaniste du terme. Mais on ne doute pas non plus, depuis son rapport au candidat Sarkozy de mars 2007, que ses intentions soient idéologiquement orientées vers ce que les politologues considèrent comme des idées de droite, tantôt libérales, tantôt conservatrices. On ne doute pas, enfin, de son allégeance intellectuelle au président Sarkozy depuis que le discours de rentrée du ministre nous a appris que l'école de la république n'était plus l'école du projet de la République, mais bien l'école du projet sarkozyste. Ces propositions sont annoncées comme soumises à la discussion. Soit, il faudra bien les discuter. En attendant, au débotté, que voyons-nous d'emblée ? Qu'il s'agit encore de casser les programmes scolaires au prétexte qu'ils ne sont pas compréhensibles, qu'ils ont été mal adaptés au socle commun de connaissances et de compétences. Or, que remarquons-nous ? Non seulement, aucun élève n'est encore sorti du système de l'école primaire en ayant suivi toute sa scolarité avec ces programmes, on ne peut donc pas juger de leur portée réelle, mais chacun dans les écoles, en les découvrant progressivement, s'accordait à reconnaître qu'il y avait là un outil professionnel consistant, plutôt intelligent, positivement ambitieux et capable d'adaptation. Et de plus, ces programmes constituaient un outil efficace pour faire vivre la dynamique pédagogique des cycles en équipe, puisqu'ils fournissaient des corpus par cycles que les maîtres devaient décliner en programmations tenant compte des réalités pédagogiques de leur école. Le ministre souhaite donc des programmes courts, simples (« lus et compris de tous » : fait-on ici référence à tous nos concitoyens qui n'ont pas acquis le socle commun ?), par année scolaire, dépourvus de préconisations méthodologiques (adieu, donc, la démarche expérimentale dans la didactique des sciences !). À force de dénigrer les programmes nationaux, les deux derniers ministres, De Robien, et maintenant Darcos, font inconsidérément entendre aux maîtres que ces programmes n'ont aucun intérêt. Que seule compte, finalement, la pérennité des vieux manuels scolaires disponibles dans les écoles. Les inspecteurs, dont l'une des missions est de faire comprendre l'intérêt des repères pédagogiques du système scolaire, vont définitivement passer pour des "rigolos sans colonne vertébrale", des "VRP de la dernière mode pédagogique" en cours. Bravo pour l'école de la République ! Mieux encore, les programmes nouveaux seront soumis à l'avis du Parlement via ses commissions des affaires culturelles. On avait pourtant cru comprendre qu'il n'était pas politiquement légitime que les programmes de la République soient soumis aux partisans d'une idéologie politique marquée. Mais il est vrai qu'il est désormais de bon ton de se méfier des experts quand ils sont des professionnels du secteur qui les concerne. Seule l'élection dans un fief local légitime la validité d'un point de vue, surtout face à des fonctionnaires qui ne sont que « nommés ».
Le précédent ministre voulait déjà réduire la mission des inspecteurs à celle de surveillants sans états d'âme. Le ministre actuel n'attend d'eux que la mise en oeuvre des objectifs chiffrés de la feuille de route délivrée. Foin des états d'âme et autres considérations humanistes, philosophiques, voire simplement pédagogiques.
S'ils veulent convaincre les parents de ces élèves ... De même qu'il faudra distinguer dans la nouvelle école maternelle les élèves en difficulté de la petite section à la grande section, par-delà les naturelles différences de maturité. Que cette modernité est enthousiasmante !
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