|
Alors que l'ambition affichée à travers la rénovation de la voie professionnelle est d’impulser une valorisation pour cette voie, certaines dispositions dans la mise en œuvre du « bac pro 3 ans » tendent à montrer, qu’au contraire, par la remise en cause de la place accordée aux enseignements généraux, on aboutira à l’effet inverse. L’épreuve de contrôle introduite dès cette année se limite strictement à un oral où l’élève dresse un bilan de ses périodes de formation en entreprise. Cette épreuve, dont les contours restent assez flous, sans doute en raison de la précipitation dans laquelle elle a été décidée, ne peut que susciter des interrogations et des inquiétudes, autant chez les enseignants que parmi les inspecteurs. Elle valorise des compétences qui sont déjà validées à l'issue des premières épreuves (obtention de 10 pour les épreuves du domaine professionnel) et elle relègue les enseignements généraux au second plan. Ces derniers sont uniquement pris en compte dans la note globale des épreuves du premier groupe. Cette note, lorsqu’elle est comprise entre 8 et 10, permet au candidat de passer cet oral de contrôle. On peut également s’inquiéter sur le fait que, contrairement aux épreuves de rattrapage des lycées généraux et technologiques, l’examinateur connaît globalement la note de l’élève (entre 8 et 10) et que, dans tous les cas, il sait que l’obtention d’un 12 lui permettra d’obtenir le diplôme. Ainsi, un oral, uniquement fondé sur ce que dit un élève de sa pratique comptera, pour 50 % de la note finale. L’impréparation de la mise en place des bacs pros trois ans se confirme par l’imprécision de la certification intermédiaire. À ce jour, les modalités de cette certification niveau V à travers un BEP rénové ne sont pas encore connues. Une fois de plus, les enseignements généraux sont traités avec désinvolture puisque certaines de ces disciplines (lettres et histoire géographie) doivent organiser une épreuve ponctuelle dès la fin de la première année. Rien n’est prévu non plus, pour les secteurs ayant choisi le CAP comme certification niveau V : les élèves devront passer, dans les disciplines générales, une épreuve d’un CAP non rénové dont les programmes ne correspondent, pour certaines d’entre elles aucunement à ceux qui leur seront enseignés au cours de l’année de seconde !
Tous ces faits montrent que l’application de cette réforme procède, derrière des discours lénifiants, d’une vision étroite de l’enseignement professionnel limité à l’apprentissage du métier. La spécificité de l’enseignement professionnel en France qui repose sur un équilibre entre formation professionnelle et formation générale est mise à mal. Dans une logique libérale, on attend des élèves d’être de simples techniciens alors que l’on reconnaît par ailleurs, dans des discours généraux peu suivis d’effets, la nécessité d’acquérir des connaissances et des compétences pour comprendre et s’adapter à son environnement, dans un monde en perpétuel mouvement. Le malaise est grandissant chez les enseignants et les inspecteurs qui voyaient dans la création des bacs pros trois ans un moyen de redynamiser la voie professionnelle et qui perçoivent aujourd'hui tout à fait dans l’application de la réforme, le mépris dans lequel les élèves de ces filières sont tenus. Ainsi, nous demandons le retrait de l’arrêté du 10 février 2009 qui organise dans sa forme actuelle l’oral de contrôle, décision préalable à l’engagement d’une réflexion sur ce que doit être une véritable épreuve de rattrapage au baccalauréat professionnel. Plus globalement, le SNPI-FSU réclame des mesures claires qui permettent de donner aux enseignements généraux toute leur place dans les diplômes de l’enseignement professionnel.
La commission administrative nationale
Télécharger le communiqué |