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| L’affaire de la « masterisation » |
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| Écrit par Administrator | |
| 04-06-2008 | |
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Contrairement à ce qui est laissé entendre, la « masterisation » des futurs enseignants ne correspond pas à un allongement de leur formation initiale par rapport au modèle en vigueur. Actuellement, les enseignants sont titularisés à Bac + 5. C’est ce niveau réel là qui doit leur être reconnu en tant que master. En revanche, la « masterisation » proposée fera rentrer chaque futur enseignant dans la carrière professionnelle un an plus tard qu’actuellement, ce qui aura des effets en termes de trimestres de cotisation pour sa pension de retraite, mais aussi en termes de financement personnel de la formation : les étudiants de famille modeste auront beaucoup plus de difficulté à devenir enseignants. Dans ces conditions, comment peut-on prétendre instaurer un progrès social pour les futurs enseignants ? Et en quoi cela améliorera-t-il les conditions des enseignants actuellement en cours de carrière ? D’autre part, la qualité de la formation professionnelle risque fortement de décliner dans la mesure où l’Université, hors IUFM, n’a pas pour culture (et ce n’est pas lui faire injure) de prendre en considération de manière systémique et opérationnelle les compétences pragmatiques du métier d’enseignant en école primaire ou en collège. Il est irréaliste de prétendre que la formation professionnelle des enseignants peut se limiter à l’acquisition d’une érudition disciplinaire universitaire associée à un compagnonnage sur le tas. Comme toute formation professionnelle de haut niveau, elle demande l’acquisition d’une technicité complexe qui permet au futur professionnel d’opérer la synthèse entre la théorie et la pratique. Mais si l’on croit qu’enseigner se réduit à transmettre un savoir érudit en s’appuyant sur un charisme naturel, alors, effectivement, le schéma proposé suffit. Malheureusement, la réalité a montré depuis le XVIIIe siècle que ce modèle se heurte irrémédiablement à un problème qu’il ne parvient jamais à résoudre : comment fait-on pour que les enfants qui n’apprennent pas en se contentant d’écouter, de copier et de mémoriser puissent acquérir la culture scolaire indispensable pour faire d’eux des citoyens autonomes et responsables ? C’est à cette question fondamentale que s’évertue de répondre l’analyse pédagogique que le ministre de l’Éducation se plaît à décrier sans vergogne depuis plusieurs mois. Enfin, de manière générale, on remarque que ce projet de réforme s’est élaboré encore une fois dans l’intimité du chef de l’État, sans que jamais soient mobilisés le dialogue social ou la consultation des professionnels de l’enseignement et de la formation des maîtres, de l’inspection générale de l’éducation, voire du HCE. Les quelques informations émanant de l’entourage du pouvoir exécutif laissent envisager que seules des considérations budgétaires motivent réellement cette réforme : c’est-à-dire économiser sur des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires stagiaires, voire sur les structures constituées par les IUFM. Accessoirement (pour le moment, compte tenu de l’imprécision des données disponibles sur cette question), on peut se demander ce qu’il adviendra de : La grille de référence des compétences professionnelles mise en œuvre en 2007 ; La formation continue des enseignants du premier degré : la disparition des PE2 (fonctionnaires stagiaires) en stage de responsabilité signifie moins de moyens de remplacement pour la formation continue des enseignants titulaires ; si les IUFM disparaissent, qui assurera la formation continue indispensable au métier et qui assurera la formation spécialisée du domaine de l’Adaptation et de la Scolarisation des Handicapés ? Comment sera assurée la décharge des directeurs d’école à 4 classes ? Cela aura-t-il un effet sur la carte scolaire ? Aucune de ces questions n’a eu de réponse jusqu’à maintenant. Peut-on espérer que le dialogue social sera sollicité pour élucider l’impact réel des mesures présentées sur la politique éducative et sur les conditions de travail de ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre ? Rien n’est moins sûr. Et ce n’est pas acceptable dans notre démocratie. Sauf à renoncer à tous les volets de cette démocratie. Est-ce la finalité de cette politique ? Le SNPI-fsu |
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